2011 – Accompagner la réflexivité des praticiens : les « capitalisations d’expérience »

(extrait de Lavigne Delville P., 2011, Vers une socio-anthropologie des interventions de développement comme action publique, Mémoire d’habilitation à diriger des recherches Univ Lyon II, Lyon, 210 p.)

La « capitalisation d’expériences » n’a pas de définition stricte et recouvre des modalités variées de mise en œuvre. A la suite de Pierre de Zutter (1994), on peut la définir comme « le passage de l’expérience à la connaissance partageable », autrement dit le processus par lequel une expérience ou un vécu sont mis à distance, analysés à partir d’une problématique donnée, et partagés avec d’autres pour en rendre disponible les enseignements (Villeval et Lavigne Delville, 2004; voir aussi Robert et Ollitrault-Bernard, 2005). Dans la conception que j’ai contribué à promouvoir au Gret, une capitalisation d’expérience consiste à produire, plus ou moins collectivement, une analyse rétrospective distanciée d’une action, sur la base d’un questionnement et d’une tentative d’objectivation. Celle-ci se fonde sur la confrontation de points de vue de différents acteurs (les praticiens qui y ont travaillé ou l’ont suivie, certaines autres parties prenantes) sur la même histoire, sur un retour sur la littérature grise (comptes-rendus de réunions, rapports d’activités, études, etc., voire échanges de mail) et idéalement sur des enquêtes spécifiques. Elle suppose le plus souvent l’appui d’un tiers qui joue un rôle de maïeutique et de questionnement, incitant le ou les praticien(s) engagé(s) dans la capitalisation à prendre du recul sur ses (leurs) interprétations spontanées, à approfondir l’analyse, à explorer d’autres pistes interprétatives[1]. Elle aboutit à des productions écrites (mais qui pourraient être audio-visuelles), permettant d’en socialiser les résultats au sein de l’organisation, et éventuellement d’une communauté élargie[2]. Ce n’est donc ni une auto-évaluation (même si elle intègre une dimension d’analyse et de bilan), ni un document de communication (même s’il est publié, et illustre des façons de faire, des réussites au moins partielles, et une capacité de conceptualisation et de prise de recul qui peut être valorisée).

Bien que formalisée de façon indépendante, et encore très peu théorisée, la capitalisation d’expérience dans le développement se raccorde aux analyses sur la réflexivité des praticiens et l’utilité des savoirs pratiques qu’ils développent (Schön, 1983), avec une double proximité, d’une part avec l’analyse des pratiques en travail social, et d’autre part avec la littérature managériale sur « l’organisation apprenante » (Prax, 2000) et le « management des connaissances ». Analysant les dynamiques d’innovation de l’industrie japonaise dans les années 70, Ikujiro Nonaka et Hirotka Takeuchi (1995) mettent ainsi en avant l’importance de la « connaissance organisationnelle » (organisational knowledge), qu’ils définissent comme « la capacité des organisations à créer de nouvelles connaissances, à les diffuser en leur sein, et à leur donner corps dans leurs produits, services et systèmes ». Dans un univers mouvant et concurrentiel, la capacité à innover, à améliorer les procédés en s‘appuyant sur la connaissance pratique des acteurs de l’entreprise, devient un enjeu d’efficacité et de compétitivité. Ces travaux montrent que la mobilisation des expériences et des savoir faire ne va pas de soi, car ils restent souvent tacites et individuels. Leur transformation en connaissance explicite et partagée ne se fait pas spontanément : « le fait que les praticiens « sachent ce qu’ils font » laisse toujours plus ou moins croire, à tort, que les savoirs à expliciter sont déjà disponibles: il n’y aurait finalement qu’à les « dire» ou les «faire dire» […] il s’agit d’une croyance partagée par les praticiens : ce n’est qu’à l’usage, lorsqu’il s’agit de « passer à l’acte », que ceux-ci commencent à mesurer à quel point des données déjà constituées dans l’expérience doivent être (re)construites pour devenir communicables » (Chartier, 2003: 34). Les « organisations apprenantes » mettent ainsi en place des mécanismes spécifiques de formalisation et de socialisation de ces connaissances (Midler, 2004 (1998); Prax, 2000).

Au sein des Ong, bien que la concurrence pour les financements soit forte, l’enjeu n’est pas tant la maîtrise de savoir-faire ou de process assurant un avantage compétitif, que la capacité à agir dans des univers complexes, à prendre du recul sur ses présupposés et son action, à mieux comprendre ce qui s’est joué dans l’intervention, à stabiliser des enseignements en termes de compréhension des acteurs et de leurs logiques, de conception des actions, de stratégies et méthodes opérationnelles. Avec une moindre intensité psychologique, la capitalisation d’expérience se rapproche de ce point de vue de l’analyse des pratiques en éducation (Barbier, 2000; Blanchard-Laville et Fablet, 2003; Vermersch, 2004) ou en travail social, où des discussions collectives sur les cas rencontrés, accompagnées par des psychologues ou des sociologues, permettent de prendre du recul sur l’investissement affectif et de mieux gérer la difficulté de la relation à des personnes en difficultés, en socialisant les modes de réponse. Dans tous ces cas, la « professionnalité »[3] dépend fortement de la capacité relationnelle, de la capacité à mobiliser de façon ad hoc des outils et des références dans des configurations complexes et toujours nouvelles, ce qui suppose une forte réflexivité : « le travail social est confronté à une difficulté majeure: sa difficulté à théoriser l’agir. Cette question est un enjeu non seulement de survie des professions du social, mais de maintien du sens même de la pratique. En fait, il faut apprendre à utiliser les savoirs théoriques, à les mobiliser à partir d’une situation ou d’un acte professionnel, et à mettre la pratique au cœur d’un travail de théorisation. Cette démarche exige des dispositifs de formalisation – groupes d’analyse des pratiques, rédaction de notes de synthèse, etc. -, qui existent fréquemment dans les lieux de formation et parfois dans les services et établissements » (Dubechot, 2005 : 194).

Il n’y a pas de démarche standard de capitalisation. On peut identifier deux formes idéales-typiques au Gret : dans le premier cas, une question est identifiée par un intervenant ou son équipe, au siège, souvent à l’occasion du retour d’un expatrié, et est discutée avec la Direction scientifique pour en préciser la pertinence, l’intérêt et la faisabilité, et le cas échéant en retravailler les termes. Sous l’égide d’un petit groupe réunissant des gens concernés par le sujet et/ou connaissant le projet, une ou deux personnes prennent en charge le dossier, mobilisent l’information pour construire une analyse et une argumentation, en dialogue avec l’anthropologue qui questionne, propose des problématisations, oriente vers la littérature, bref joue un rôle de maïeutique. Cette analyse est soumise à une double critique, celle de la recherche en sciences sociales (à travers la Direction scientifique), et celle des pairs (du groupe de suivi ou à distance). Le processus aboutit normalement, après plus ou moins d’allers-retours, à une analyse jugée suffisamment solide pour être publiée[4]. Il s’agit là de processus « siège » mobilisant essentiellement les intervenants du Gret. L’autre forme est un processus d’élaboration collective, sur le terrain, mobilisant les équipes opérationnelles (nationaux et expatriés), avec l’appui d’un tiers jouant un rôle de maïeutique, mobilisant des enquêtes complémentaires et tenant la plume, le tout sous la direction conjointe du chargé de programme au siège et de la Direction scientifique.

Réflexivité des praticiens et maïeutique socio-anthropologique

Toute intervention de développement est un processus complexe et ambigu, qui n’est que partiellement maîtrisé et met en jeu de nombreux acteurs hétérogènes ; l’intervention repose nécessairement sur des postulats ou des paris plus ou moins discutables, où cette complexité et cette dimension de processus social sont souvent occultées dans une culture développementiste trop souvent fondée sur des dogmes ou des convictions et une large occultation des difficultés et échecs ; la majorité des intervenants de développement sont issus de formations techniques qui, loin d’inciter à prendre en compte les enjeux sociaux de l’intervention, poussent au contraire à les nier ou les techniciser. Pour autant, tous les praticiens ne sont pas aveugles. Nombre d’entre eux essaient de travailler de façon sérieuse dans un champ de contraintes plus ou moins dures, ont de l’empathie pour les gens pour qui ils travaillent, cherchent à comprendre. L’enjeu n’est pas de transformer tous les intervenants de développement en socio-anthropologues, mais de leur permettre d’exercer leurs savoir-faire techniques et méthodologiques de façon responsable, c’est-à-dire en problématisant de façon plus large l’enjeu de leur pratique, en étant plus ouvert sur ses dimensions sociales, politiques et institutionnelles[5].

La politique de capitalisation d’expérience telle que j’ai contribué à la construire au Gret repose sur une volonté de « socio-anthropologiser » le regard de praticiens, à partir d’exercices réflexifs sur leur pratique, accompagnés par un chercheur en sciences sociales. Une capitalisation d’expérience n’est pas une recherche scientifique. Elle repose sur un questionnement issu de l’opérationnel. Elle mobilise essentiellement la connaissance existante. Elle est mise en œuvre par des praticiens, normalement honnêtes et soucieux d’une prise de recul, mais qui ne sont ni chercheurs, ni socio-anthropologues. Une capitalisation part cependant d’un questionnement problématisé, dans des termes faisant sens d’un point de vue opérationnel et d’un point de vue de sciences sociales. Tout en étant marquée par le questionnement du noyau de praticiens concernés (et par ce fait même partiellement biaisée, dans sa définition de l’objet[6] comme dans la prise de distance), elle cherche à objectiver l’analyse en mobilisant la connaissance existante et en se confrontant aux lectures et interprétations des différents protagonistes comme à celle d’un ou de chercheur(s). Elle aboutit à une analyse qui, à défaut d’être totalement démontrée, est cependant rendu plausible par ce double questionnement[7].

Le degré de prise de recul critique dépend du projet (plus ou moins critiquable et controversé), de la problématique choisie (elle-même plus ou moins controversée), des personnes qui la prennent en charge et de la politique de l’organisation. Le monde du développement tend à valoriser les « success stories » plus ou moins réelles, voire à fabriquer de fausses réussites et occulte plus ou moins systématiquement les échecs. Dans ce contexte, reconnaître des réussites partielles ou des échecs ne va pas de soi, d’autant qu’au-delà de l’Ong et de ses membres, l’échec (même partiel) met aussi en jeu nécessairement les autres parties prenantes, le bailleur de fonds, etc. Dès lors, au-delà de leur capacité personnelle variable d’autocritique, les praticiens peuvent être réticents à la publication des résultats des capitalisations, par peur de retombées négatives sur l’image de l’Ong ou sur les relations avec leurs bailleurs de fonds. L’intérêt des premières capitalisations, le fait qu’elles aient été bien reçues à l’extérieur, a progressivement réduit les réticences, sans toujours les annuler. De fait, les praticiens préfèrent capitaliser sur des projets plutôt réussis (même si c’est pour analyser l’échec sur un volet, qui ne remet pas en cause l’ensemble), ou sur des crises ou échecs sur lesquels ils sont su rebondir et où ils peuvent aussi mettre en avant ce rebond. Il y a eu aussi des capitalisations sur des échecs reconnus, dès lors que l’interprétation de l’échec était controversée[8].

Apprendre à décrire les processus, échapper à la technicisation du discours

Au-delà de la capacité de recul critique, la tendance à neutraliser l’analyse dans un discours est un problème plus général des cultures professionnelles. Ainsi, dans le domaine de l’éducation, « la pente naturelle court toujours vers la « langue de bois», une écriture qui, se gardant de citer les lieux et les individus, se tient le plus loin possible d’une écriture journalistique (qui a fait quoi, où et quand ?). L’abstraction généralisante devient un procédé d’écriture qui gomme tout aspect anecdotique, et reconstruit autrement la réalité, vidée de ses acteurs qui deviennent des entités impersonnelles. « Le recteur veut» devient «la volonté de la tutelle administrative». (…) Une marque formelle de cette écriture est en effet la nominalisation, les emboîtements de complément de noms (« la difficulté de restitution des propos des personnes interrogées … »), la forme passive·, sans complément d’agent (« ce projet a malheureusement été conçu de façon trop rapide et a dû être abandonné », on ne saura pas par qui). Les novices peuvent croire que ce jargon est une norme à imiter, que des raisons aussi obscures qu’impérieuses, interdisent d’écrire «de deux choses, l’une» mais conseillent de « mettre en avant une double problématique ». Après tout, c’est peut-être ça le style « expert » … » (Chartier, op. cit, 47-48).

Dans des capitalisations d’expériences dans le monde du développement, il faut d’autant plus lutter contre cette tendance, insister sur la description et le récit, faire la chasse aux formes passives au profit de la mise en scène d’acteurs de chair et d’os, que le registre littéraire du rapport d’activités de projet est lui-même trop souvent prisonnier de la langue de bois développementiste et très stérilisant. Ceci demande un apprentissage : comme le relève justement Chartier (op. cit., 43), « la maîtrise de certaines pratiques d’écriture ne donne pas spontanément la maîtrise d’autres ». Inversement, apprendre à dire les choses autrement permet aussi de penser de façon plus concrète sa pratique et la façon de concevoir l’intervention de développement.

Dans ces processus, le rôle de l’anthropologue est maïeutique : il contribue à la problématisation, en dialoguant avec les porteurs de capitalisations, en questionnant les postulats et les façons de poser les questions ; il oriente vers une sélection bibliographique aidant le « capitalisant » à construire son objet en prenant de la distance par rapport à ses grilles initiales ; il contribue à faire mûrir l’analyse en questionnant sur l’histoire, les faits, et en incitant à travers cela à élargir le questionnement et les grilles d’interprétation initiaux ; il pousse à la description et à la narration ; il contribue à l’interprétation et à la formalisation de l’analyse (sur le fond et sur la forme)[9]. Très loin de la littérature grise développementiste, les produits de ces capitalisations relèvent d’un genre littéraire particulier, d’une sorte « d’anthropologie collaborative » (Miran, 2010), où l’anthropologue co-produit avec les praticiens l’analyse à travers les échanges et débats, tout en leur laissant la responsabilité finale du contenu et de l’interprétation[10]. Ce faisant, il contribue à l’émergence d’une « théorie de la pratique » de l’intervention de développement : à travers de tels processus, « les praticiens commencent à revendiquer de construire les savoirs théorico-pratiques nécessaires à leur art, à leur métier. Ils veulent partir de leur expérience professionnelle, s’emparer des savoirs construits d’où ils viennent mais les réinterpréter. Non seulement les convoquer mais les réinterroger, les assembler dans les situations professionnelles concrètes dont ils cherchent la rationalité, l’intelligibilité, le sens »[11].

Comme pour les suivis de processus (Mosse, Farrington et Rew, 1998)[12], mettre l’accent sur l’accompagnement de la réflexion des praticiens, plutôt que sur des analyses externes, limite le champ du questionnement et de la prise de distance à ce qui est acceptable et recevable à un moment donné par les praticiens. Ce questionnement peut évoluer et s’ouvrir suite au dialogue critique et au questionnement de l’animateur de la capitalisation. Mais c’est une limite certaine du point de vue de la problématisation, certaines questions pouvant rester évacuées ou minimisées. Cependant, ce choix est beaucoup plus efficace en termes d’évolution des modes de pensée des praticiens. Les apprentissages individuels permis par l’investissement dans des capitalisations d’expérience sont réinvestis ensuite, dans des modalités variables en fonction de la personne et des nouveaux projets dans lesquels elle s’investit. Ils sont, également de façon différentielle, socialisés au niveau des équipes. C’est l’accumulation dans la durée de tels chantiers, faisant échos aux questions des praticiens et à l’évolution des problématiques et des questionnements dans le temps, qui permet de construire progressivement un ensemble de références, et à la fois de faire évoluer les questionnements collectifs et de renforcer l’intérêt collectif pour la réflexivité et les sciences sociales.

Impacts internes, impacts externes

L’accumulation de capitalisations, mettant en avant les enjeux méthodologiques et institutionnels des interventions, participent à l’évolution des questionnements et des cadres de réflexion sur les actions au sein de l’organisation. Ces évolutions sont bien évidemment également alimentées par les dynamiques de réflexion du milieu du développement sur ces différents secteurs. Il est donc difficile d’isoler l’impact de ces capitalisations d’expérience.

Outre ce rôle interne de formation et de professionnalisation, de stimulation de la réflexivité des praticiens et de construction d’une culture partagée plus sociologisée, ces chantiers de capitalisation d’expérience ont aussi un impact externe, dès lors que leur résultats sont rendus disponibles. Dans le cas du Gret, nous avions fait le choix de publier le produit des chantiers de capitalisation, dans différents supports, dont deux collections de documents de travail en ligne, dans le double objectif de valoriser les auteurs, et de socialiser ces analyses. Très largement téléchargée[13], la série Coopérer Aujourd’hui , collection de documents de travail en ligne que j’ai créée et animée pendant 10 ans comble un relatif vide de connaissance à partir du moment où les recherches de sciences sociales sur le développement s’intéressent très peu aux pratiques des développeurs et à leur réflexivité, et même plus largement aux dispositifs d’intervention. Elle est largement utilisée par les praticiens et les étudiants, comme par des enseignants comme support de formation.

Références

Barbier J. M., 2000, « L’analyse des pratiques : questions conceptuelles », in Blanchard-Laville C. et Fablet D., ed., L’analyse des pratiques professionnelles, Paris, L’Harmattan

Blanchard-Laville C. et Fablet D. ed., 2003, Ecrire les pratiques professionnelles. Dispositifs d’analyse de pratiques et écriture, Paris, L’Harmattan.

Chartier A.-M., 2003, « Ecrire les pratiques professionnelles : réticences et résistances des praticiens », in Blanchard-Laville C. et Fablet D., ed., Ecrire les pratiques professionnelles. Dispostifs d’analyse de pratiques et écriture, Paris, L’Harmattan, pp. 17-56.

de Zutter P., 1994, Des histoires, des savoirs et des hommes : l’expérience est un capital, Paris, Fondation Charles Léopold Mayer

Dubechot P., 2005, La sociologie au service du travail social, Coll. Alternatives sociales, Paris, La Découverte.

Laborit H., 1974, La nouvelle grille, Paris, Robert Laffont.

Midler C., 2004 (1998), L’auto qui n’existait pas. Management de projets et transformation de l’entreprise, Paris, Dunod.

Miran M., 2010, « Quand ethnologue et imam croisent leurs plumes. Récit d’un voyage au pays de l’anthropologie collaborative », Cahiers d’études africaines, vol 198-199-200 n° 2-3-4, pp. 951-980.

Mosse D., 1998, « Process documentation research and process monitoring », in Mosse D., Farrington J.et Rew A., ed., Development as process: concepts and methods for working with complexity, London, ODI/Routledge.

Nonaka I. et Takeuchi H., 1995, The knowledge creating company : how Japanese companies create the dynamics of innovation, Oxford, Oxford University Press.

Olivier de Sardan J.-P., 2008, La rigueur du qualitatif : Les contraintes empiriques de l’interprétation socio-anthropologique, Coll. Anthropologie prospective Bruxelles, Academia-Bruylant.

Passeron J.C., 1991, Le raisonnement sociologique: l’espace non-poppérien du raisonnement naturel, Paris, Nathan.

Prax j.-Y., 2000, Le guide du Knowledge Management, Paris, Dunod.

Ravon, 2009, « L’extension de l’analyse de la pratique au risque de la professionnalité », Empan, vol 75 n° 3: 118

Robert S. et Ollitrault-Bernard, A, 2005, Le capital mémoire. Identifier, analyser, valoriser l’expérience dans les institutions, Paris, Editions Charles Léopold Mayer.

Schön D. A., 1983, The Reflexive Practitionner. How Professionals Think in Action, New York, Basic Bools.

Sorel, 2009, « Quand il s’agit de caractériser les référents théoriques en travail social. Retour sur une étude… », Empan, vol 75 n° 3: 86.

Vermersch P., 2004, « L’aide à l’explicitation et retour réflexif », Education permanente, vol 160, pp. 71-80.

Villeval Ph. et Lavigne Delville Ph., 2004, Capitalisation d’expériences, expériences de capitalisation : comment passer de la volonté à l’action ?, Traverses n° 15, Lyon/Paris, Handicap International/Gret/Groupe Initiatives.

[1] Ce tiers peut aussi être amené à modérer les débats ou proposer des pistes d’objectivation, lorsque le projet est controversé et les conflits d’interprétations vifs.

[2] Le fait de publier obligeant à plus de cohérence de l’analyse… au risque d’une euphémisation des problèmes.

[3] Particulièrement utilisée en travail social, cette notion renvoie au fait que la compétence en actes ne se limite pas à la mobilisation de savoirs ou d’outils, mais incluse une capacité de mise en situation, un sens du contexte, une capacité relationnelle. Dans une tension entre référentiels et adaptation au contexte, c’est « l’ensemble des savoirs, des compétences et dispositions mobilisées par un individu dans l’exercice d’une activité professionnelle spécifique » : J.-M. Barbier et R. Wittorski cités par Sorel, 2009. Elle suppose un praticien « sujet de sa pratique professionnelle », au sens d’être capable d’articuler le savoir-faire (le métier), l’éthique professionnelle, la mission, le cadre institutionnel et la relation à l’usager » (Ravon, 2009).

[4] Il arrive que certains chantiers n’aboutissent pas, ou que leurs résultats ne soient pas jugés publiables.

[5] Comme le disait Laborit il y a déjà longtemps dans « la nouvelle grille », il ne faut pas rêver à d’impossibles « poly-techniciens », mais former des « monotechniciens poly-concepteurs », des professionnels maîtrisant leur domaine, mais capables de situer leurs savoirs professionnels dans des cadres d’analyse prenant en compte la complexité (Laborit, 1974).

[6] Mais sur un même objet, on trouvera des problématiques scientifiques et des modes de démonstration et d’écriture très différents, et inégalement pertinents…

[7] La question de la plausibilité est au cœur des réflexions épistémologiques dans « l’espace non poppérien du raisonnement naturel » où se situent les sciences sociales. Cf. Passeron, 1991 ; Olivier de Sardan, 2008.

[8] Cf. le cas du projet « Alizés électrique », en Mauritanie, et la controverse avec Sophie Caratini (développée en partie III « les projets de développement comme réseaux socio-techniques »).

[9] Il est intéressant de noter que, alors que la description et le récit ne posaient en général guère de problème (une fois dépassé le problème du style d’écriture), les praticiens avaient en général plus de difficultés à formaliser la problématisation et les enseignements qui avaient été débattus et avec lesquels ils étaient en accord. J’ai ainsi souvent pris la plume, sur le dernier draft et avec leur accord, pour rédiger moi-même ou reformuler l’introduction ou les conclusions des textes.

[10] Je n’ai co-signé que de rares produits de capitalisation, à la demande des auteurs principaux, et lorsque j’avais fait un apport conceptuel particulier ou avais rédigé des sections entières.

[11] Michel Duchamp dans Forum n°84 (Praxéologie en travail social), juin 1998, cité par Dubéchot, op. cit., p. 174.

[12] Le suivi de processus consiste en une analyse socio-anthropologique des pratiques des agents et des perceptions locales de l’intervention, en cours de projet, pour alimenter la réflexion des équipes opérationnelles et les stratégies d’action. Il prend des modalités variables, depuis la mobilisation de chercheurs externes qui restituent leurs analyses, à l’accompagnement par un chercheur de la réflexion des équipes opérationnelles sur leurs pratiques et les difficultés qu’ils rencontrent.

[13] En 2007, 29302 téléchargements sur le site du Gret ont concerné un des numéros de la Collection « Coopérer Aujourd’hui », qui comptait 52 n°. Sur 5 ans, la moyenne est de 430 exemplaires par numéro et par an.

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