2026 – Combiner justice et efficacité. Pour des démarches intégrées de restauration des terres

Lavigne Delville, P., & Léonard, E. (2026). Combiner justice et efficacité. Pour des démarches intégrées de restauration des terres. Policy Brief, IRD, Marseille, 4 p.

Face aux risques d’inefficacité et d’exclusion engendrés par la financiarisation des politiques environnementales et de développement, la restauration des terres doit se concevoir comme un projet de territoire. Ce projet doit être co-porté par les groupes d’usagers et les autorités locales, qui ont tout intérêt à préserver leurs ressources et peuvent s’appuyer sur leurs savoirs pratiques de leur écosystème et de leurs contraintes sociotechniques.

Produite dans le cadre de la mobilisation de l’IRD en vue de la COP 17 de la Convention des Nations Unies de lutte contre la Désertification, ce policy brief pointe les risques de la financiarisation de la lutte contre la désertification, amenant à la fois interventions standardisées incapables de prendre en compte la complexité des écosystèmes et exclusions au profit des investisseurs.

Ses recommandations sont : Sécuriser les acteurs locaux dans leurs droits et les placer au centre des processus de conception et de mise en œuvre des projets de restauration

Les actions de restauration des terres menacées par la désertification doivent être pensées comme un projet de territoire conçu et porté par les groupes d’usagers ayant intérêt au maintien de leurs ressources en coordination avec les acteurs publics. Une telle démarche est enjeu central pour le maintien et la stabilité des espaces et des sociétés exposés aux processus d’aridification. Cette stabilité est à son tour un élément-clé de celle de pays menacés par l’affaiblissement des structures étatiques et la multiplication des violences politiques, dont l’appauvrissement des agricultures paysannes constitue un ressort fondamental. Il faut pour cela :

  • Recommandation 1 : Sécuriser les acteurs locaux dans leurs droits sur les territoires et les protéger des risques d’exclusion pour les inciter à préserver ou à restaurer les écosystèmes. Cette sécurité doit être pensée avant tout comme une garantie d’exercice des droits d’accès et d’usage, une protection contre les évictions, avec ou sans formalisation légale.
  • Recommandation 2 : Garantir l’intégration des communautés dans les prises de décisions relatives aux processus de restauration, tant dans la conception que dans la mise en œuvre des projets, notamment dans leur validation à travers le consentement libre, préalable et éclairé, de l’ensemble des porteurs d’intérêt en leur sein.
  • Recommandation 3 : Accompagner en termes méthodologiques et financiers les acteurs locaux dans la conception de solutions qui soient effectives (en termes de gouvernance des ressources, de techniques d’aménagement et de valorisation économique), car fondées sur les savoirs locaux et cohérentes avec la complexité des environnements sociaux et agro-écologiques des espaces arides.
  • Recommandation 4 : Systématiser les acquis en termes de recherche-action participative, de gouvernance partagée, d’agroécologie, etc., pour constituer un capital d’expériences adaptées aux contraintes et capacités des populations les plus concernées par les enjeux de conservation et de restauration des sols, et à même d’inspirer et d’accompagner leurs initiatives.

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