1998 – Sécurité foncière et intensification agricole

(extraits de Lavigne Delville P., 1988, « Sécurité foncière et intensification », in Lavigne Delville P., ed., Quelles politiques foncières en Afrique noire rurale ? Réconcilier pratiques, légitimité et légalité, Paris, Ministère de la Coopération/Karthala, pp. 264-292)

Si la question des conditions de l’intensification est récurrente dans les débats sur le développement agricole, en particulier en Afrique, la (ré)apparition récente du foncier comme facteur explicatif pose question, d’autant plus qu’elle tend à évacuer du débat les autres facteurs de l’intensification, et en particulier les questions d’environnement économique.

Pour bien poser la question du lien entre sécurité foncière et intensification, un double détour est nécessaire, par la question de la sécurité foncière (cf. d’autres billets), et par la question de l’intensification, faute de quoi l’idée qu’une insécurité foncière est un frein à l’investissement risque vite d’aboutir, par le biais de quelques raccourcis de langage et au déni de la réalité empirique, à assimiler absence d’intensification à insécurité foncière, et insécurité foncière à absence de titre.

Intensif et extensif : des notions relatives, exprimant un rapport entre les facteurs de production

Le terme intensif est ambigu. Il recouvre plusieurs réalités distinctes, souvent confondues :

–    les proportions relatives des facteurs de production (terre, travail, capital) au sein du processus productif (définition économique) ;

–    l’intensité culturale (rapport entre la surface récoltée et la surface totale mobilisée dans le processus productif, jachère comprise). Celle-ci va grossièrement de 1/10 (3 ans de culture, pour 30 ans de jachère) à 3 (triple culture en irrigué), une intensité culturale de 1 correspondant à une agriculture permanente, à récolte annuelle (Ruthenberg 1960, Boserup, 1970).

Le premier critère concerne la quantité de travail ou de capital investie par unité de surface récoltée. Le second s’intéresse au taux d’utilisation de l’espace agricole. Ils ne se confondent pas : on peut utiliser des intrants et du capital dans des systèmes à jachères; pour une même intensité culturale (5 ans de cultures, 10 ans de jachère, par exemple), les champs peuvent recevoir des quantités de travail très variées. Enfin, on confond souvent culture intensive et forte production par hectare. Mais la production par hectare n’est pas en soi un indicateur économique, et ne traduit pas directement la quantité de travail ou d’intrants investie.

En termes économiques, la production agricole résulte de l’application, sur une certaine surface, de certaines quantités de travail et de capital. Ce capital peut être “ fixe ” (équipement : bœufs de labour, matériel de culture, charrettes, etc. mais aussi aménagements de surface, terrasses, etc.) ou “ variable ” (intrants dépensés sur l’année : engrais, produits phytosanitaires, herbicides, etc.). L’efficacité d’un processus de production s’évalue par la productivité des différents facteurs de production, productivité de la terre et du travail principalement. Un même volume de production peut être obtenu par différentes combinaisons des facteurs de production.

Les termes “ intensif ” et “ extensif ” décrivent la place de la terre dans la combinaison des facteurs de production : un itinéraire technique sera dit “ intensif en travail ” ou “ intensif en capital ” si les quantités de ce facteur investies par hectare sont comparativement élevées. Investir davantage dans la terre permet normalement de mieux contrôler le peuplement végétal et de mieux lever les facteurs limitant la production, et donc d’avoir de meilleurs rendements, mais il n’y a pas de lien mécanique entre intensification en travail et accroissement de la productivité de la terre : l’augmentation du travail peut être une façon de tenter de compenser une baisse de fertilité. Inversement, des techniques culturales extensives investissent peu de travail à l’unité de surface. Elles visent à maximiser la productivité du travail, en cultivant comparativement de plus grandes surfaces par personne, quitte à ce que le rendement soit plus faible. L’investissement dans la mécanisation est souvent une façon d’accroître la productivité du travail en substituant du capital fixe au travail.

Les notions “ d’extensif ” et “ d’intensif ” sont des notions relatives, qui expriment des rapports entre les facteurs, et ne peuvent s’utiliser qu’en comparaison[1]. Les termes d’intensification et d’extensification désignent quant à eux un changement dans la combinaison des facteurs, dans le sens d’un accroissement, ou d’une diminution du travail et/ou du capital par unité de surface. En toute rigueur, la part respective de la terre et du travail ne peuvent s’évaluer que pour un niveau technique donné, un saut technologique (passage à la traction animale, et plus encore à la motorisation; introduction de matériel de pompage) changeant fortement les niveaux de productivité.

En Afrique, les systèmes de production paysans couvrent une très large gamme de logiques techniques et de degrés d’intensification (que ce soit par le travail ou le capital) : de la défriche-brûlis sans intrants, avec une intensité culturale de 1/10, jusqu’à la riziculture de bas-fonds périurbains aménagés de Côte d’Ivoire forestière, à 2,5 cycles par an; des agricultures manuelles jusqu’à la riziculture hypermécanisée du fleuve Sénégal (stations de pompage, labour au tracteur, moissonneuses-batteuses); avec des temps de travaux par hectare qui peuvent varier de 1 à 10.

De plus, au sein d’une même exploitation agricole, les différents systèmes de culture (ensembles de parcelles portant les mêmes successions de cultures, avec les mêmes itinéraires techniques) peuvent avoir des logiques économiques très différentes : en zone forestière, des plantations extensives de plateau coexistent avec une riziculture intensive de bas-fonds; en zone soudano-sahélienne, l’extensification de la céréaliculture de plateau est allée de pair avec une intensification mesurée des bas-glacis (sorgho avec engrais, bon contrôle des adventices) et une forte intensification de petits jardins maraîchers de saison sèche.

Enfin, de multiples études de systèmes de production ont montré que les paysans étaient très réactifs aux conditions d’environnement économique, et adaptaient très rapidement leurs logiques de production (évolution des surfaces, de l’affectation de travail, de l’investissement en intrants, etc.), l’environnement économique (rapports de prix, accès au crédit, sécurité des débouchés) ou le risque agroclimatique expliquant très largement les pratiques paysannes[2].

Maximiser la productivité du facteur le plus rare,
le primat des logiques “ extensives ”

Pour un système de culture donné, l’itinéraire technique le plus performant économiquement est celui qui, utilisant au maximum le facteur le moins cher (ou le plus disponible), valorise au mieux des quantités limitées du facteur le plus cher (ou le plus rare), maximisant ainsi sa productivité.

¨    Tant que la terre n’est pas la principale contrainte, c’est le travail qui est le facteur limitant. Le meilleur revenu sera obtenu en maximisant la productivité du travail, et les itinéraires relativement extensifs sont économiquement les plus performants[3]. Cela n’empêche pas l’investissement dans du capital (mécanisation, en substitution partielle au travail) ni l’usage d’engrais (cf. les zones cotonnières; ci-dessous), mais exprime simplement le fait que c’est la productivité du travail qui est le principal déterminant des revenus de l’exploitation. Cette règle économique générale ne s’applique pas seulement aux systèmes de culture à jachère, et vaut également en culture permanente (l’itinéraire technique le plus performant dépendant bien évidemment des rapports de prix)[4].

¨    En système de défriche-brûlis (front pionnier ou jachère longue), des mécanismes agronomiques viennent renforcer les performances des systèmes à jachère longue (et donc à faible taux d’utilisation du sol). La défriche de nouveaux champs ou la remise en culture de vieilles jachères permettent de bénéficier d’un sol avec de bonnes aptitudes culturales : les couches superficielles du sol ont été enrichies en matières organiques accumulées au cours des années, elles sont ameublies par les racines, et ont une bonne capacité d’infiltration, le couvert arbustif ou forestier a réduit le stock d’adventices herbacées, les parasites des cultures ont été éliminés. De plus, le brûlis dépose en surface les cendres, qui représentent un stock d’éléments minéraux immédiatement disponibles pour les cultures. On conjugue ainsi bons rendements et investissements en travail relativement faibles, ou du moins mieux répartis dans le temps[5]. Dans des milieux à sols fragiles, à stabilité structurale et richesse minérale faibles (sols ferrugineux tropicaux des pays du Sahel – Piéri, 1989 ; Lavigne Delville, 1996 – ou sols ferralitiques des zones humides – Pichot et al. éds, 1995 -), ces conditions tendent à se dégrader au bout de quelques années de culture : envahissement adventif, très rapidement, puis dégradation des caractéristiques physico-chimiques du sol (minéralisation accélérée de la matière organique, dégradation de la structure et réduction de la capacité d’infiltration du sol). Ces évolutions entraînent une baisse tendancielle des rendements, ou un accroissement des quantités de travail (pour contrôler les adventices, ou fabriquer et apporter du fumier) et/ou d’argent (dépenses d’engrais pour compenser une efficience décroissante) nécessaires pour maintenir la production. Cela provoque une chute de la productivité du travail qui justifie la mise en jachère, en général déterminée par l’envahissement adventif avant même la dégradation des caractéristiques physico-chimiques du sol. Dans de telles conditions, la jachère est le moyen le plus économique et le plus efficace agronomiquement de maintenir les aptitudes culturales des sols. Elle fait partie intégrante du processus productif et il est logique que les paysans cherchent à la maintenir le plus longtemps possible.

¨    Lorsque la terre est plus rare, il faut investir plus de travail[6] et/ou plus de capital par unité de surface pour obtenir la même production totale. Sans intrants, et sauf changement de culture ou d’outillage, une intensification par le travail se traduit souvent par une baisse de la productivité du travail (Boserup, 1970). La réduction des jachères longues, suite à la croissance démographique, oblige souvent les paysans à lutter par des investissements accrus (en travail et parfois en intrants) contre la dégradation des aptitudes culturales des terres pour maintenir leur niveau de production. Cette situation est souvent vue comme une spirale régressive. Mais des changements de culture[7] ou de techniques culturales, peuvent permettre de maintenir, voire même d’accroître, la productivité du travail. De plus, même accompagnée d’une baisse de rendement, la réduction des jachères peut aller de pair avec un accroissement de la production globale d’un espace agricole donné, si l’accroissement de l’intensité culturale fait plus que compenser la chute de rendement[8].

Lorsque la production par actif diminue, la capacité à produire des surplus commercialisables (au-delà des besoins alimentaires de la famille) diminue d’autant : comme le disait Pélissier il y a déjà vingt ans, “ l’intensif nourrit quand l’extensif rapporte ”. Il est donc logique que les pratiques extensives se poursuivent tant qu’elles sont possibles (et même parfois plus).

Privilégier la productivité du travail (ce qui se traduit par des surfaces par personne ou par actif plus importantes, et par des investissements limités par unité de surface) est donc économiquement rationnel tant que l’espace est disponible. Pour autant, cela n’implique pas que, en faible densités, les paysans choisissent nécessairement les techniques les plus extensives, ni qu’ils refusent d’investir du capital, fixe ou variable tant que l’espace n’est pas saturé. La vision évolutionniste, selon laquelle on passe logiquement des systèmes les plus extensifs à des systèmes à haute intensité culturale, forme un modèle un peu trop simple (cf. encadré). Les combinaisons de terre, de travail et de capital offrant les meilleures productivités dépendent des situations concrètes et de l’environnement économique : elles dépendent aussi des rapports de prix entre produits agricoles et intrants, qui rentabilisent ou non le recours aux engrais et, lorsqu’ils sont défavorables, peuvent en décourager toute utilisation.

Les trajectoires de l’intensification

L’intensification n’est donc pas un objectif en soi. C’est une logique de production parmi d’autres, pertinente économiquement dans des contextes déterminés, à différentes échelles.

Les deux grands moteurs de l’intensification agricole sont la pression sur la terre et le marché. Réduisant les surfaces disponibles par personne, la pression sur la terre modifie les rapports des facteurs de production et pousse à l’intensification par le travail. Cette évolution peut être régressive, entraînant une baisse de productivité du travail (et donc de niveau de vie). Mais ce scénario n’est pas mécanique : la migration ou le recours à des revenus extra-agricoles peuvent offrir une alternative de revenu, au moins partielle et d’échapper à la baisse de revenus. De plus, des changements techniques, des adaptations du matériel végétal, des innovations massives dans la gestion de la matière organique et l’usage des ligneux, peuvent permettre d’accroître significativement à la fois la production (en calories/ha, ou en valeur ajoutée/ha) et la productivité du travail. A côté des trajectoires d’intensification par la spécialisation et les intrants, se dessinent des voies plus biologiques, fondées sur une utilisation optimale de l’écosystème cultivé par une diversité de plantes (agroforesterie, cultures associées et étagées, etc.) et une gestion rigoureuse de la matière organique (Cochet, 1996), qui témoignent d’une adaptation fine aux conditions de l’écosystème et même, selon certains, les voies d’une « révolution agricole endogène » (Richards, 1985). Si le Rwanda semble témoigner d’une évolution boseruppienne (innovations commandées par les densités, sans intrants, avec paupérisation relative), des cas de trajectoires dynamiques ont été analysés récemment, au Kenya (Tiffen et Mortimore, 1994) et aux Comores (Sibelet, 1995).

Là où existent des dynamiques d’intensification en zones de fortes densités, c’est le plus souvent par une combinaison d’évolutions techniques liées à une intensification par le travail (plantes à plus haute productivité calorique; ou à haute valeur ajoutée; culture permanente, fumure organique, etc.) et de recours accru aux activités extra-agricoles, ces dernières permettant de réduire la pression sur la terre, et de financer un minimum d’intrants, nécessaires aux gains de productivité de la terre. A l’inverse, lorsque les conditions agroclimatiques et économiques sont médiocres, on assiste à un recentrage des stratégies paysannes sur la migration, qui devient dès lors le mode de régulation de l’économie familiale, et à une extensification de l’agriculture (faute de main-d’œuvre), qui peut même aller jusqu’à un relatif “ délaissement des terroirs ” (Lericollais, 1990).

Selon les modalités d’insertion dans l’économie marchande, le marché peut en effet être un moteur ou un frein à l’intensification. La question n’est pas seulement celle des rapports de prix entre produits agricoles et intrants. Face à des besoins monétaires croissants, les termes de l’échange entre les produits agricoles et les biens de consommation sont également déterminants pour l’équilibre économique des ménages : des familles produisant plus que leurs besoins vivriers peuvent, du fait des ventes de céréales indispensables pour faire face aux besoins monétaires courants et incompressibles, se retrouver en situation de soudure et en spirale de paupérisation. Une insertion dans les marchés par les besoins de consommation, sans accès à des revenus agricoles sécurisés, ne peut que pousser à chercher des revenus extra-agricoles au détriment de l’investissement dans l’agriculture[9]. Inversement, l’accès à des débouchés pour des produits à haute valeur ajoutée (maraîchage, arboriculture) ou à une filière organisée permet de rémunérer des investissements, pour autant qu’ils soient rentables.

La question est dès lors celle des rapports de prix, et donc, à travers eux, les choix de politiques économiques et, pour les produits d’exportation, sur le partage de la valeur ajoutée entre l’Etat et les producteurs (choix qui sont eux-mêmes liés à la dynamique des prix mondiaux). A côté des cultures organisées en filières d’exportation contrôlées par l’Etat (et de leurs effets induits sur la production céréalière), la connexion aux marchés urbains dessine une autre forme d’intensification, moins spectaculaire mais néanmoins réelle, récemment suggérée par l’étude WALTPS (Ninnin, 1994) et montrée de façon détaillée, dans le cas de la Cote d’Ivoire (Chaléard, 1996).

Selon la pression sur les ressources (pression démographique et/ou contraintes agroclimatiques) et l’insertion dans les marchés, on peut dessiner quatre grands types de trajectoires régionales (cf. tableau), le quatrième type (forte pression sur les ressources et forte insertion dans les marchés) se conjuguant de deux façons différentes selon la chronologie des processus :

  • en situation de saturation foncière ancienne, une intensification par le travail, sur de petites exploitations peu différenciées s’appuyant sur des revenus extra-agricoles et dégageant peu de surplus;
  • lorsque l’intégration dans les filières a lieu dans des zones relativement peu peuplées, les revenus dégagés par les producteurs leur permettent de s’équiper, d’étendre leurs surfaces, d’accroître les surplus et débouchent sur une saturation de l’espace par extension des exploitations plus que par accroissement démographique[10], ce qui entraîne des structures d’exploitation plus différenciées.
    Accès au marché
    faible (ou trop risqué) fort
 

Pression
sur les ressources

faible Culture extensive d’autosubsistance ou émigration, importance de l’élevage Grandes exploitations mécanisées intensives en capital (fronts pionniers cotonniers, deuxième couronne périurbaine)
  forte Culture d’autosubsistance
intensive en travail, faiblement rémunératrice, forte émigration
Intensification à base de travail et/ou capital en fonction de la structuration préalable du milieu (Kano vs Koutiala)

Source : Snrech, 1995.

Conclusion : l’intensification est d’abord une question d’environnement économique

Ce bref survol ne peut prétendre apporter une réponse définitive à la question de l’intensification, qui est, comme on l’a vu, assez complexe. Il est en tous cas clair que :

– loin d’être une fin en soi, l’intensification agricole est une stratégie économique parmi d’autres, qui n’est rationnelle dans des conditions spécifiques, de contexte agroécologique, de structure d’exploitation, et d’environnement économique. Elle demande un ensemble de conditions, qui ne sont pas toujours réunies, et qui devraient être la priorité des politiques de développement.

– la liaison “ sécurité foncière/intensification ” est plus problématique qu’il n’y paraît au premier abord. En particulier, l’idée que les systèmes fonciers coutumiers sont un frein à l’intensification repose sur une vision erronée des systèmes fonciers, et sur un oubli des autres conditions de l’intensification.

L’attention légitime portée aux conditions foncières ne doit donc pas faire oublier que l’intensification est essentiellement un problème économique et que la terre n’est qu’un des facteurs de production. Conditions de prix, politique de crédit, partage de la valeur ajoutée entre Etat et producteurs sont des facteurs dont l’impact est largement plus direct. Or, le choix implicite des Etats de prélever au maximum sur les filières d’exportation, et de privilégier les importations à bas prix pour nourrir les villes (le biais urbain) a sans nul doute considérablement réduit, avec leur capacité d’accumulation, les marges d’adaptation des paysanneries et leurs capacités à faire face aux défis actuels. Cette question est particulièrement cruciale aux phases où la saturation de l’espace (zone forestière) ou les risques de dégradation des terres (zones cotonnières) rendent nécessaires une intensification des techniques culturales (investissements accrus en travail d’entretien et protection phytosanitaire, renouvellement des plantations dans le premier cas; développement de la fumure organique, et donc exigences accrues en travail et en matériel de transport, dans le second), et donc des investissements importants en équipements et en travail, que les producteurs ne pourront pas financer dans n’importe quelles conditions de revenus.

Références

Berckmoes W.M.L., Jager E.J. et Koné Y., 1990, “ L’intensification agricole au Mali-sud, souhait ou réalité ”, bulletin 318, KIT/IER-DRSPR.

Binswanger H.P., Deininger K. and Feder G., 1993 « Power, distorsions and reform in agricultural land markets » in Berman and Srinivasan eds. Handbook of Development Economics, vol III.

Boserup E., 1970, “ Evolution agraire et pression démographique ”, Flammarion, Nouvelle bibliothèque scientifique, Paris, 218 p.

Chaléard J.-L., 1996, “ Temps des villes, temps des vivres : l’essor du vivrier marchand en Côte d’Ivoire ”, Karthala, 661 p.

Chauveau J.-P., 1995, “ Privilégier les performances ou analyser les processus ”, Marchés Tropicaux, numéro hors-série, décembre 1995.

Cochet H.,1996, « Gestion paysanne de la biomasse et développement durable au Burundi » Cahiers Sciences Humaines 32(1) : 133-151

Jean S., 1975, “ Les jachères en Afrique tropicale, interprétation technique et foncière ”, Muséum d’histoire naturelle / Institut d’ethnologie, 168 p.

Lavigne Delville Ph., 1996, Gérer la fertilité des terres dans les pays du Sahel, coll. Le point sur, Paris, Gret/Ministère de la Coopération/CTA

Lericollais A., 1990, “ La gestion du paysage ? Sahélisation, surexploitation et délaissement des terroirs sereer au Sénégal ”, in Richard éd. La dégradation des paysages en Afrique, pp. 151-169.

Ninnin B., 1994, “ Géographie économique du milieu ouest-africian : marchés, peuplement, agriculture, routes. Eléments de modélisation 1960-1990 ”, document de travail n° 4, WALTPS, Club du Sahel-OCDE, 107 p.

Pichot J., Sibelet N. et Lacoeilhe J.-J. eds, 1995, “ Fertilité du milieu et stratégies paysannes sous les tropiques humides ”, Actes du séminaire, CIRAD / Ministère de la Coopération.

Piéri Ch., 1989, “ Fertilité des terres de savane ”, CIRAD / Ministère de la Coopération.

Raulin, 1984, “ Techniques agraires et instruments aratoires au sud du Sahara ”, in Instruments aratoires en Afrique tropicale humide : la fonction et le signe, Cahiers Sciences humaines XX (3-4) : 339-358.

Richards P. 1985, Indigenous agricultural revolution, London, Hutchinson

Ruthenberg, 1960, “ Farming systems in the tropics ”, (3e ed., 1980), Oxford, Clarendon Press.

Sibelet N., 1995, L’innovation en milieu paysan ou la capacité des acteurs locaux à innover en présence d’intervenants extérieurs; nouvelles pratiques de fertilisation et mise en bocage dans le Niumakélé (Anjouan, Comores), thèse, INA-PG,295 p. + ann.

Snrech S., 1995, “ Les transformations de l’agriculture ouest-africaine : évolutions 1960-1990, défis pour l’avenir, implications pour les pays sahéliens ”, Club du Sahel, 41 p.

Tiffen M. et Mortimore M., 1994, “ Environnement, croissance démographique et productivité au Kenya : le cas du district de Machakos ”, dossier Zones arides n° 47, IIED, Londres, 31 p.

Notes

[1] La norme d’une agriculture permanente, visant à maximiser la productivité de la terre, grâce à l’utilisation de travail et de capital (mécanisation, engrais, irrigation, etc.) reste encore trop souvent la référence, explicite ou implicite, du développement rural. Or, loin d’être absolue, cette norme correspond à des contextes historiquement et géographiquement particuliers : les zones où (1) le risque agroclimatique est limité; (2) l’extension des surfaces n’étant plus possible qu’à la marge, l’accroissement de la production ne peut résulter que d’investissements accrus par unité de surface; (3) les conditions de prix et l’environnement institutionnel inciter à maximiser le rendement. A vouloir faire une norme générale de ce qui relève de conditions spécifiques, on s’interdit de comprendre les dynamiques agraires, les variations de niveau d’intensification pouvant être très subtiles : ainsi pour le passage du buttage au débuttage en sorgho manuel (Raulin, 1984).

[2] Sur le problème du décalage entre vision macro et observation micro, entre performances et processus, cf. Chauveau, 1995.

[3] Sauf pour des productions réclamant de fortes quantités de travail, et aux prix très rémunérateurs.

[4] Hypermécanisée, la céréaliculture des grandes plaines américaines est intensive en capital, mais très extensive en travail : un homme cultive 300 ha, contre 100 en Beauce. La quantité d’intrants (et le nombre de passages, pour économiser le travail) est limitée, et les rendements sont faibles (de l’ordre de 20 qx/ha), contre 100 en France.

[5] Le travail de défriche se fait en saison sèche où le calendrier de travail est moins bousculé. Contrairement à ce qui est souvent dit, les paysans préfèrent en général défricher de vieilles jachères, ce qui représente moins de travail que défricher une forêt primaire. C’est une des raisons du maintien de droits prioritaires sur la jachère, tant que la marque du travail n’a pas disparu : cela permet au groupe qui a défriché de garder le bénéfice de ce défrichement initial, lors d’une remise en culture de la jachère (Jean, 1975).

[6] Travail accru de contrôle des adventices, travail de fabrication et d’épandage de fumier, traitements phytosanitaires; etc.

[7] Au profit de plantes à plus forte production calorique par hectare : tubercules au lieu de céréales, par exemple) ou à plus forte valeur ajoutée (maraîchage). Mais aussi en intégrant les arbres dans les champs.

[8] Exemple : soit un système de jachère longue (3 ans de culture et 12 ans de jachères, soit une intensité culturale de 0,2; et un rendement de 800 kg/ha). L’accroissement des surfaces cultivées se traduit par un allongement du nombre d’années de culture et passage à la jachère courte (5 ans de culture et 3 ans de jachères, soit une intensité culturale qui monte à 0,6), avec chute du rendement à 600 kg/ha. Globalement, sur l’ensemble de l’espace cultivé (champs + jachères), la productivité de l’espace est passée de 3 ans x 800 kg/ha cultivé/an = 2 400 kg/ha sur 15 ans, soit 160 kg/ha (cult + jachère)/an à 5 ans x 600 kg/ha cultivé/an = 3 000 kg/ha sur 8 ans, soit 375 kg/ha (cult+jachères)/an.

[9] C’est ainsi que s’est créée, au début du siècle, la différenciation entre zones de culture de rente (bassins arachidiers, plantations forestières) employant de la force de travail émigrée, et les bassins de main-d’œuvre (moyenne et haute vallée du Sénégal, pays mossi, etc.) fournissant des migrants, spécialisation historique qui dure jusqu’à aujourd’hui.

[10] Au sud Mali, dans les années 80, la croissance démographique était de 2,5 %/an et celle des surfaces cultivées de 7 %/an (Berckmoes et al, 1990 : 12).

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